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Commencer par lire les messages les plus anciens afin de comprendre le fil conducteur de l'histoire.

lundi 26 avril 2010

L'AVENTURE CONTINUE

La radiologue, avant de commencer l'examen, précisa que si elle voyait correctement le foetus elle pourrait donner tous les éléments comme pour une première échographie officielle ; celle du premier trimestre. Je n'avais pas longtemps à attendre. Tout allait très bien. La gastro n'avait fait aucun dégât. Mon bébé était en bonne santé et se portait très bien avec même des mensurations de 7 jours supérieures à lui-même !!!

vendredi 19 mars 2010

DOUX REVES

Non, je n'étais pas seule. Nous étions bien deux ... et je ne parle pas du professionnel de la santé qui ne disait pas grand chose d'ailleurs. Il était là, seul, en moi, ce petit être. Je voyais des battements, ce petit coeur qui m'avait tant manqué pour mon deuxième bébé. Il battait bien, si vite, si normalement. Je versais une larme de bonheur concentrée encore et encore sur ses soulèvements de vie.
L'aventure commençait réellement à ce moment là. J'avais eu des pertes sombres une journée avant mais qu'importe. Il était là en bonne santé, le reste n'avait pas d'importance, du tout. Il n'y avait que lui et moi, que lui, rien que lui et pour lui.
Mais le chemin était encore long et si difficile. Nous n'en étions qu'au début.
Deux semaines plus tard, je refaisais une échographie pour être plus sûre, pour savoir si tout allait bien. Je le revis encore avec bonheur ... et toujours son coeur battant si vite, si beau. Tout allait bien. J'avais des douleurs au ventre mais normal. Une fois des pertes brunes mais normal. De la fatigue mais normal.
Et puis le drame, à nouveau ... une gastro ! La chose, l'horreur, cette maladie pas dangereuse mais si castratrophique à mes yeux. Je me soignais avec précision ; une femme enceinte ne peut pas prendre beaucoup de médicaments. Mais la semaine qui suivit, je n'avais plus de symptôme, plus de douleur au ventre, même plus de fatigue.
Non, ça n'allait pas recommencer, pas une troisième fois, surtout pas encore, surtout pas après l'avoir vu si bien.
La radiologue (pour la deuxième écho) m'avait dit de revenir quand je le voulais en cas de doute. Je la pris aux mots. Troisième fois, à onze semaine de grossesse, la peur au ventre !

samedi 13 mars 2010

FOIRE AUX QUESTIONS


N'hésitez pas à poser des questions en tapant sur "commentaires" de ce nouveau message.
J'y répondrai avec grand plaisir.

mardi 2 mars 2010

ATTENTE INFERNALE



Je reviens dans la chambre, toujours à deux et peut-être quatre ! Nous attendons environ trente minutes avant de reprendre le tram pour vaquer dans la gare avant de prendre le train. Nous remercions l'infirmière et prenons l'ascenseur en même temps que des parents plein d'espoir mais avec déjà un enfant.
A la gare, quelques minutes plus tard, j'ai un terrible mal au ventre. Je sens un duel en moi. On m'a précisé de ne pas garder la vessie pleine et d'aller le plus souvent possible aux toilettes ; je fais la queue plus de cinq fois en deux heures ! Quelque chose se passe en moi, j'en suis certaine. Rejet ou fusion, ça je ne peux le dire.
Et puis l'attente. Si longue attente. Les médecins nous ont donné un jour précis pour faire le test sanguin. Une semaine pile avant, je sens des odeurs de cuisine avec une précision de chef aux quatre étoiles. Je sais, nous savons alors que je suis enceinte car ... je n'ai aucun odorat sauf quand une vie grandit en moi. Mais pas d'euphorie, surtout pas. Juste une semaine à attendre.
Le semaine se termine. La vampire de service, au laboratoire, peut prendre autant de sang qu'elle veut. Le soir, je passe prendre les résultats. Il ne faut pas se lerrer : une FIV c'est 20% de réussite au premier essai.
Faites sauter le bouchon de champagne, je suis dans les chiffres, chiffres parfaits ... une nouvelle fois. Je suis enceinte. Et de trois ... ou quatre !
Jumeaux possible. Pas longtemps à attendre pour la discussion en couple sur cette possibilité là. S'il y en a deux, on prend les deux. On se débrouillera. On se débrouille toujours dans la vie malgré les bons ou les mauvais moments.
L'attente de savoir si oui ou non enceinte est terminée mais une autre attente commence.
Ma gynécologue me programme deux échographies avant la première officielle : à 7 semaines et à 9 semaines.
Je n'ose plus faire de voiture ; je panique de trop pour ça, je deviens même hystérique quand je vois un bouchon, des lumières rouges arrière qui s'illuminent brusquement, etc.
J'ai mal au ventre ... c'est normal. Je poursuis mon traitement de médicaments.
La septième semaine arrive enfin. Je suis seule pour l'échographie, en vacances, dans une autre ville que celle que j'habite. Je suis seule ... et s'il était mort celui là aussi.
On ne vit pas les pertes de la même manière, jamais, encore moins quand il s'agit d'un enfant que l'on porte. D'une femme à l'autre c'est différent. D'un conjoint à l'autre aussi. Un couple peut voler en éclat suite à cette perte. Il faut faire face à sa peine et à celle de l'autre ; trop difficile parfois. Se taire, en parler encore et encore, pas facile.
La septième semaine est là. Je suis seule dans le bureau de "l'échographe". Je m'allonge sur cette table, identiques aux dizaines de table de radiologue déjà vus. Le spécialiste me pose ce gluant si commun sur le ventre puis son appareil. Je vois, encore, cet espère d'haricot sur le moniteur. Je suis seule. Il est là. Je suis seule. Je le vois. Je suis seule.

SUR UN NUAGE !


Nous arrivons dans ce pays de l'espoir. A nouveau installée dans une chambre, je n'ai aucun doute sur ce que je veux, sur ce qu'on veut.
On entend les portes des autres chambres s'ouvrirent, se fermer. Et puis notre tours arrive au moment où on l'attend le moins. Une infirmière vient nous chercher. On est deux, on ne se quitte pas. L'aventure est à nous et va être en moi. On croise deux hommes en blouse blanche parlant d'oeufs fécondés parfaits. L'infirmière précise qu'il s'agit des notres ! On m'installe sur la table des tortures ou des réjouissances ... au choix. L'infirmière reste, nous explique tout dans les détails. L'un des deux hommes dans le couloir entre dans la salle. C'est le médecin. Le fameux médecin. Celui qui va tout faire pour que naisse l'espoir enfin. Il est d'une douceur extrème. Nous n'oublierons jamais son prénom. L'autre homme du couloir entre, à son tour, avec l'objet de culte, les deux oeufs fécondés. Ils redisent, l'un après l'autre, que ces oeufs sont parfaits. A trop le dire on finit par ne plus y croire, peut-être ... mais là.
ça y est, ils sont en moi c'est deux espoirs, points blancs sur une échographie.

A QUOI BON !



L'insémination, ça signifie une journée de congé à prendre du jour au lendemain, une certaine somme d'argent, un allée-retour en métro, en train, en tram, une piqûre dans le ventre deux jours avant le départ en Belgique, des médicaments une semaine puis quatorze jours. Une Fécondation, ça implique deux journées de congé à prendre du jour au lendemain, une grosse somme d'argent, une nuit d'hôtel, un allée-retour, en plus, en métro, train, tram, des piqûres tous les jours, une en plus à minuit deux jours avant le départ en Belgique, des médicaments tout le mois puis durant plus de quatorze jours.
J'en parle à ma gynécologue. Est-ce que ça vaut la peine ! Drôle de phrase. Avoir un enfant c'est être égoïste. Ne pas en avoir c'est être égoïste également.

S'il n'y avait pas eu les deux autres, je n'aurai pas poursuivi, à quoi bon ! Mais j'ai été enceinte à deux reprises, je n'oublie pas, je n'oublierai jamais.
La décision est rapidement prise ; d'autant plus que je change à nouveau de lieu de travail. Je me rapproche de mon domicile. Je n'ai plus que trois stations de métro avec la possibilité d'un bus qui passe en bas de chez moi.
Les choses s'enchaînent alors durant un mois entier.

Jour 1, le traitement débute avec médicaments, prises de sang et échographies. Je trouve des lieux d'examens où que je sois, en fonction de mon travail, je me débrouille ... je sais ce que je veux.

Jour 2 et suivant, je poursuis les médicaments, les examens médicaux et les piqûres dans le ventre ; un coup à droite, un coup à gauche, je repars avec des douleurs et des marques de dards d'insecte !

Jour 12, on vérifie si les doses d'hormones injectées font leur effet mais ... pas vraiment ! J'ai peu d'ovules et ils ne sont même pas gros. Les traitements se poursuivent. Contrôle à nouveau et ... nombre d'ovules équivalents et pas bien plus gros. Les traitements encore. Contrôle : moins d'ovules un peu plus gros.

Au téléphone avec la Belgique, j'entends à nouveau "On tente !"
J'ai prévenu ma hiérarchie, je préfère être sincère. Je pose ma journée de congé et je pars en Belgique, un soir, dans un hôtel à proximité de l'hôpital. Le lendemain matin, très tôt, à jeûn, je vais m'inscrire et payer la totalité. On m'installe dans une chambre et on m'annonce qu'on va entièrement m'endormir ; j'avais zapé l'info. Je suis seule. Les infirmières me sermonent un peu. Je me sens forte, besoin de personne et tant besoin des autres !

Je tombe sur un anesthésiste gentil et marrant. Je m'endors après avoir compté trois ... quel beau chiffre finalement.

Je me réveille à moitié et crois entendre "deux". Je suis dans la chambre, plus alerte mais fatiguée. Le médecin vient me voir avec une triste figure. "Il n'y en avait que deux de fiables. On ne sera que demain si c'est suffisant".
Aurais-je fais tout cela pour rien ?

Je rendre en France un peu démoralisée.
Le lendemain, je suis à mon travail avec, inhabituellement, mon portable en poche. Il vibre vers 11H00. Le réseau passe à peine. Je réussis à m'isoler et à entendre très clairement : "Nous avons fécondé les deux et ils sont parfaits. Pouvez-vous venir demain pour la réimplantation ?"
Bien sûr que je peux revenir le lendemain d'autant plus que c'est samedi. Pas de jour de congé au travail à prendre et là je ne serai pas seule.

Quelle nuit ! Espoir, désespoir, quoi croire ?

mercredi 17 février 2010

COMBIEN ENCORE ?



Plus on réalise d'insémination et, curieusement, moins on a de chance que cela se traduise par une conception. Alors, à la quatrième tentative, je commençais à désespérer. Six tentatives maximum possible. Plus que deux donc.
Echec à nouveau et une douleur au plus profond de moi comme des fausses couches à chaque tentative ratée.
Je garde espoir. Nous gardons l'espoir d'un miracle.


Cinquième tentative et toujours ce train, ce tram, cet hôpital puis le tram et le train avec une gare que je connais par coeur.


Mais environ quatorze jours plus tard, du retard. Pas question de faire de test, j'ai donné. Je fais directement la prise de sang que je paye de ma poche. Trois chiffres à nouveau ! La joie est là mais moindre. L'angoisse prend la place. Ne pas perdre celui là. Tout faire pour ne pas le perdre.
Mais voilà, du nouveau dans ma vie : une fin de contrat, un concours réussi et une mutation ailleurs ; certes moins de transports en commun différents (avant j'avais trois métros et un bus à multiplier par deux pour l'allée-retour !) mais une drôle d'ambiance. Je ne sais pas alors que je suis enceinte, je me dis que c'est une possibilité. Je suis restée une semaine seulement à ce nouveau poste ; victime de harcèlement moral (et je pèse mes mots!) à presque 40 ans, pas question. Je n'ai pas envie de revivre ça. Je n'ai pas envie de me laisser faire. Je fais jouer mes appuis et, de toute façon, je suis prête à démissionner. J'y ai bien réfléchi, l'enfant est prioritaire. Je dois être au calme pour mener à terme ma grossesse.
Je change de lieu de travail : une heure de trajet mais un seul métro à prendre.
J'apprends que je suis enceinte peu de temps après mon changement. Je ne sais pas comment ma nouvelle "chef" va prendre la nouvelle. J'attends avant d'en parler.
Le premier mois passe et ça va. Les douleurs au ventre me semblent logiques parce que je sais que je dois les avoir. Ma gynécologue me propose une échographie de contrôle quelques jours avant celle, officielle, du premier trimestre.
En attendant, j'essaye de me décontracter. En fin de semaine, je vais chez des amis. Beaucoup de voitures, ça roule mal. Je ne conduis pas mais je subis ce stresse de la route.

D'un coup, freinage brusque. Mon coeur s'arrête net mais repart aussitôt. Sensation étrange mais bien réelle. Chez mes amis, quelques heures plus tard, je me sens mal ; coup de chaleur, j'ai besoin de m'allonger.
Quelques jours plus tard, la fameuse échographie. Je le vois, devant moi, ce petit être en moi. Une espèce de haricot. Le radiologue me dit qu'il y a un problème. Mon coeur s'accélère. Le professionnel n'est pas clair ou c'est moi qui ne comprend rien ... qui ne veut rien comprendre. Il me précise que le foetus n'a pas évolué normalement et que le coeur ne bat plus. IL EST MORT. J'ai un enfant mort en moi. Je ne pensais pas ça possible. Je crois à la fausse couche, à cette perte de sang lavant le souvenir d'un être possible. Je croyais que la nature était bien faite, qu'elle ne permettrait pas qu'on puisse vivre normalement, sans symptôme en plus, avec un être mort. Mais c'est la vérité. Il est là, il a vécu mais il est mort ... depuis plusieurs jours ajoute le spécialiste qui s'isole pour téléphoner à ma gynécologue.
Je la contacte le lendemain. Elle prévoit de laisser la nature faire son travail et si ça ne fonctionne pas ... de faire enlever le foetus.

Enlever ! Quelle idée ! Enlever ce que je désire le plus. Me faire subir une intervention, même si ce n'est pas une IVG, est un crime à mes yeux. C'est tuer, à nouveau, un espoir, un désir.
Je n'accepte pas sa mort, le radiologue a du se tromper. Il m'a menti. Je me raccroche à des idées stupides. Je n'ai plus de douleur de ventre depuis le lendemain de cette soirée chez mes amis. Il est peut-être mort là, à cet instant du freinage, à cause d'imbéciles qui se croient plus forts que les autres à rouler comme des fous. On a tué mon bébé. Il me faut un coupable pour avoir moins mal.

En attendant, j'ai mal sans aucune douleur physique. Le foetus s'accroche. Je vais voir l'anesthésiste pour préparer l'intervention. Le jour J, ma moitié est là, comme toujours. Je suis dans une petite chambre éloignée de tout et surtout de tous mais proche des toilettes. J'attends un long moment et on vient me chercher. Je stresse. Je stresse tellement que j'ai commencé à me réveiller durant l'intervention et qu'il a fallu m'injecter davantage de produit anesthésiant.
J'ai demandé à ce que les restes soient analysés. Parce que c'est tout ce qui reste d'un futur humain : des morceaux. Rien qu'à l'idée, j'ai la nausée.

Quelques semaines plus tard, on me signale qu'il n'y a rien qui explique la mort, rien de visible, rien de génétique. Je demande si c'était un garçon ou une fille. On ne peut pas me le dire ... des restes !

Et là, on se retrouve face à un vide immense : la société ne prévoit rien. Rien n'apparaîtra sur mon acte de naissance, sur un livret de famille, rien nul part comme si je n'avais jamais été enceinte. On ne prévoit pas d'enterrement, de cellule psychologique. On me tient à l'écart. Je ne suis rien, on me renie, on m'ignore. Je ne peux même pas leur donner de prénoms. Les prénoms ont été choisis depuis le jour où nous avons découvert la Belgique et sa clinique spécialisée mais ils restent sans attache, sans figure sur lesquels les accrocher.
Pour le premier, on avait fait un acte symbolique : une petite boite à bijoux pour mettre une bague, vide, que l'on a lancé dans une rivière. Pas écolo, je vous le concède mais une façon de tenter de refermer la plaid. Les flots emportent ce petit bateau improvisé, en espérant emporter avec les larmes et la douleur. Pour le second, quoi faire, rien.
J'ai juste peur de la voiture, de ces fous qui ne se rendent pas compte qu'ils tuent ... de toute façon ils ne seront jamais condamnés. Même pour les vivants, il vaut mieux tuer une personne détestée avec une voiture qu'avec une arme à feu : on ne prend qu'un an ou deux de prison. C'est jugé comme un accident ! ça me révolte mais je ne peux rien y changer.

Je fais la sixième tentative mais ... échec. Comme je suis tombée enceinte deux fois (eux ils le savent à l'étranger, ils en tiennent compte !), on m'accorde une septième tentative exceptionnelle mais rien !

J'ai échoué, j'ai réussi mais j'ai échoué. Que faire ?

Il existe la FIV : fécondation in-vitro. Plus compliqué, plus cher ... beaucoup plus cher. Mais on parle d'enfant là, de futur être humain, pas d'argent. Certains voudront réduire cela à cette question de fric mais ça n'a rien à voir. L'argent ne fait que payer un service. En France, on paye ce service de la même façon, pour le même tarif mais c'est la Sécu qui s'en charge ... c'est la seule différence.