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Commencer par lire les messages les plus anciens afin de comprendre le fil conducteur de l'histoire.

mercredi 17 février 2010

COMBIEN ENCORE ?



Plus on réalise d'insémination et, curieusement, moins on a de chance que cela se traduise par une conception. Alors, à la quatrième tentative, je commençais à désespérer. Six tentatives maximum possible. Plus que deux donc.
Echec à nouveau et une douleur au plus profond de moi comme des fausses couches à chaque tentative ratée.
Je garde espoir. Nous gardons l'espoir d'un miracle.


Cinquième tentative et toujours ce train, ce tram, cet hôpital puis le tram et le train avec une gare que je connais par coeur.


Mais environ quatorze jours plus tard, du retard. Pas question de faire de test, j'ai donné. Je fais directement la prise de sang que je paye de ma poche. Trois chiffres à nouveau ! La joie est là mais moindre. L'angoisse prend la place. Ne pas perdre celui là. Tout faire pour ne pas le perdre.
Mais voilà, du nouveau dans ma vie : une fin de contrat, un concours réussi et une mutation ailleurs ; certes moins de transports en commun différents (avant j'avais trois métros et un bus à multiplier par deux pour l'allée-retour !) mais une drôle d'ambiance. Je ne sais pas alors que je suis enceinte, je me dis que c'est une possibilité. Je suis restée une semaine seulement à ce nouveau poste ; victime de harcèlement moral (et je pèse mes mots!) à presque 40 ans, pas question. Je n'ai pas envie de revivre ça. Je n'ai pas envie de me laisser faire. Je fais jouer mes appuis et, de toute façon, je suis prête à démissionner. J'y ai bien réfléchi, l'enfant est prioritaire. Je dois être au calme pour mener à terme ma grossesse.
Je change de lieu de travail : une heure de trajet mais un seul métro à prendre.
J'apprends que je suis enceinte peu de temps après mon changement. Je ne sais pas comment ma nouvelle "chef" va prendre la nouvelle. J'attends avant d'en parler.
Le premier mois passe et ça va. Les douleurs au ventre me semblent logiques parce que je sais que je dois les avoir. Ma gynécologue me propose une échographie de contrôle quelques jours avant celle, officielle, du premier trimestre.
En attendant, j'essaye de me décontracter. En fin de semaine, je vais chez des amis. Beaucoup de voitures, ça roule mal. Je ne conduis pas mais je subis ce stresse de la route.

D'un coup, freinage brusque. Mon coeur s'arrête net mais repart aussitôt. Sensation étrange mais bien réelle. Chez mes amis, quelques heures plus tard, je me sens mal ; coup de chaleur, j'ai besoin de m'allonger.
Quelques jours plus tard, la fameuse échographie. Je le vois, devant moi, ce petit être en moi. Une espèce de haricot. Le radiologue me dit qu'il y a un problème. Mon coeur s'accélère. Le professionnel n'est pas clair ou c'est moi qui ne comprend rien ... qui ne veut rien comprendre. Il me précise que le foetus n'a pas évolué normalement et que le coeur ne bat plus. IL EST MORT. J'ai un enfant mort en moi. Je ne pensais pas ça possible. Je crois à la fausse couche, à cette perte de sang lavant le souvenir d'un être possible. Je croyais que la nature était bien faite, qu'elle ne permettrait pas qu'on puisse vivre normalement, sans symptôme en plus, avec un être mort. Mais c'est la vérité. Il est là, il a vécu mais il est mort ... depuis plusieurs jours ajoute le spécialiste qui s'isole pour téléphoner à ma gynécologue.
Je la contacte le lendemain. Elle prévoit de laisser la nature faire son travail et si ça ne fonctionne pas ... de faire enlever le foetus.

Enlever ! Quelle idée ! Enlever ce que je désire le plus. Me faire subir une intervention, même si ce n'est pas une IVG, est un crime à mes yeux. C'est tuer, à nouveau, un espoir, un désir.
Je n'accepte pas sa mort, le radiologue a du se tromper. Il m'a menti. Je me raccroche à des idées stupides. Je n'ai plus de douleur de ventre depuis le lendemain de cette soirée chez mes amis. Il est peut-être mort là, à cet instant du freinage, à cause d'imbéciles qui se croient plus forts que les autres à rouler comme des fous. On a tué mon bébé. Il me faut un coupable pour avoir moins mal.

En attendant, j'ai mal sans aucune douleur physique. Le foetus s'accroche. Je vais voir l'anesthésiste pour préparer l'intervention. Le jour J, ma moitié est là, comme toujours. Je suis dans une petite chambre éloignée de tout et surtout de tous mais proche des toilettes. J'attends un long moment et on vient me chercher. Je stresse. Je stresse tellement que j'ai commencé à me réveiller durant l'intervention et qu'il a fallu m'injecter davantage de produit anesthésiant.
J'ai demandé à ce que les restes soient analysés. Parce que c'est tout ce qui reste d'un futur humain : des morceaux. Rien qu'à l'idée, j'ai la nausée.

Quelques semaines plus tard, on me signale qu'il n'y a rien qui explique la mort, rien de visible, rien de génétique. Je demande si c'était un garçon ou une fille. On ne peut pas me le dire ... des restes !

Et là, on se retrouve face à un vide immense : la société ne prévoit rien. Rien n'apparaîtra sur mon acte de naissance, sur un livret de famille, rien nul part comme si je n'avais jamais été enceinte. On ne prévoit pas d'enterrement, de cellule psychologique. On me tient à l'écart. Je ne suis rien, on me renie, on m'ignore. Je ne peux même pas leur donner de prénoms. Les prénoms ont été choisis depuis le jour où nous avons découvert la Belgique et sa clinique spécialisée mais ils restent sans attache, sans figure sur lesquels les accrocher.
Pour le premier, on avait fait un acte symbolique : une petite boite à bijoux pour mettre une bague, vide, que l'on a lancé dans une rivière. Pas écolo, je vous le concède mais une façon de tenter de refermer la plaid. Les flots emportent ce petit bateau improvisé, en espérant emporter avec les larmes et la douleur. Pour le second, quoi faire, rien.
J'ai juste peur de la voiture, de ces fous qui ne se rendent pas compte qu'ils tuent ... de toute façon ils ne seront jamais condamnés. Même pour les vivants, il vaut mieux tuer une personne détestée avec une voiture qu'avec une arme à feu : on ne prend qu'un an ou deux de prison. C'est jugé comme un accident ! ça me révolte mais je ne peux rien y changer.

Je fais la sixième tentative mais ... échec. Comme je suis tombée enceinte deux fois (eux ils le savent à l'étranger, ils en tiennent compte !), on m'accorde une septième tentative exceptionnelle mais rien !

J'ai échoué, j'ai réussi mais j'ai échoué. Que faire ?

Il existe la FIV : fécondation in-vitro. Plus compliqué, plus cher ... beaucoup plus cher. Mais on parle d'enfant là, de futur être humain, pas d'argent. Certains voudront réduire cela à cette question de fric mais ça n'a rien à voir. L'argent ne fait que payer un service. En France, on paye ce service de la même façon, pour le même tarif mais c'est la Sécu qui s'en charge ... c'est la seule différence.

lundi 15 février 2010

ON RECOMMENCE



Tout oublier, impossible. C'est un tatouage à vif et je sais que ça le sera longtemps encore, voire pour toujours.

A mon travail, je fais semblant. Je ne dis rien. J'évoque une chute de tension, ce qui n'est pas faux. J'ai eu de la chance, avant, de tomber sur une "patronne" qui acceptait l'idée que je puisse prendre une journée de congé du jour au lendemain (avec certificat médical à la clé !) ... sans me poser de question. Elle gardera le même comportement aux autres tentatives.
Pas question d'abandonner le projet bébé. Si ça a réussi une fois c'est que mon corps est prêt, qu'il le désire lui aussi.
A l'appart', on ne parle pas de ce qui s'est passé. On ne sait pas ce que l'autre ressent alors on a peur de rouvrir des blessures ; celles de l'autre et les siennes.
"Essaye à nouveau" ! On dirait la phrase des jeux pour enfants.
Train, rame, hopital, examen, piqûre dans le ventre pour déclencher l'ovulation (parfois car mon corps en produit des naturelles). La déception du deuxième essai, du troisième. Le moral qui flanche. De nouvelles questions : est-ce que ça en vaut la peine ? Mais toujours l'isolement. Ne rien dire à la famille pour ne pas leur faire de peine.
Se tourturer en silence, seule ou même à deux.
Train, rame, hôpital seule ou à deux quand c'est programmé le samedi.
Voir des gens, je travaille en contact avec du public mais ne pas souhaiter voir leurs enfants. Entendre des propos qui font mal mais pas faits exprès.
Recommencer, encore. Après deux fois, il y a trois, puis quatre essais. Le quatrième!

ON NE NOUS DIT PAS TOUT


J'ai la chance d'avoir, à côté de mon travail, un laboratoire qui fonctionne avec Internet : on m'envoie un code par SMS, je me connecte à Internet, je tape le code et j'ai mes résultats de prise de sang. Je me retiens de hurler. Je mets ma main, non les deux mains, sur ma bouche. Des larmes coulent. Là, sous mes yeux, un nombre à trois chiffres. Je suis enceinte. Du premier coup, je suis enceinte ! Je m'isole pour téléphoner à ma moitié qui se retient de pleurer, je le sais, je l'entends. Mes sens sont bien réveillés. Nous allons être parents.
Nous avons de la chance, je le sais. J'ai pris un carnet depuis le début de cet aventure. Je note tout : les heures, les impressions, les émotions ... jusqu'à ce que je mange, ce que je porte. Je veux qu'il sache tout, je veux ne rien oublier.

Et puis, il y a ce qu'on ne vous dit pas, ce qu'on vous cache. On évoque les joies de la grossesse (sans doute un terme inventé par un homme !). J'ai mal au ventre. Je n'arrête pas d'avoir mal au ventre.
Je consulte un médecin ... pas la mienne absente. Elle rit de ma détresse, elle se moque de mon ignorance. Je sors de là pas rassurée. J'ai des craintes et toujours mal mais cette douleur est normale ; le corps change !
Deux jours plus tard, j'ai une gastro (la maladie qui fait le plus chier ... pour être polie !).

Et puis ? Et puis ?
Un matin, tôt, toujours malade, je vois du sang. J'appelle les médecins de nuit par téléphone. Ils me disent d'aller aux urgences. Avant de raccrocher, je demande si c'est une fausse couche. On me répond qu'il faut aller aux urgences.
J'y vais aux urgences, j'y suis aux urgences ... tour à l'inscription puis tour aux toilettes. Je reviens à l'inscription. On me fait voir un médecin qui ne m'ausculte pas mais qui m'interroge. Encore des questions. Je vais aux toilettes. On me fait faire une prise de sang. Je vais aux toilettes. Je vois le médecin qui m'ausculte cette fois, de manière intime ... je me sens si sale, si salie. Encore plus salie par ce deuxième médecin qui rentre, qui regarde, puis ce troisième qui agit de même, puis cette infirmière qui passe prendre du matériel. C'est journée porte ouverte sur ma détresse, ma douleur.
Mais ce n'est pas fini. La gastro, la douleur ne sont rien face à une phrase, une simple phrase : "je ne vois rien à l'écho. Vous êtes sûre que vous étiez enceinte ? Vous aviez fait les analyses chez nous ? Non, alors ...". Pour lui, ne plus rien voir ne veut pas dire qu'il N'Y A PLUS mais qu'il n'y avait rien eu !!! Je me sens écrasée, écorchée vive. On me prend pour une folle qui voulait un enfant à tout pris et qui a tout inventé. Mais il n'y a plus rien à part du sang et des filaments. Je le perds. Je suis en deuil d'un enfant et le spécialiste, le grand professionnel m'arrache mes espoirs.
Je réussis à être isolée dans la salle d'attente, un paravent me coupe du monde alors que je suis allongée sur une civière avec un petit récipient en cas de vomissement. Personne ne vient. Nous sommes là, inséparables, avec ma moitié. Une élève infirmière vient nous voir. Elle nous parle, elle nous rassure, elle se montre gentille ... humaine. J'ai faim. Ma nausée augmente avec cette sensation supplémentaire. Je n'ai pas le droit de manger sans l'accord du médecin ausculteur qui est ... en train de manger. Vers 15H00, quand il revient de son repas, il ne s'excuse pas. Il ne prononce pas non plus les mots : fausse couche. Il dit simplement que les taux d'hormones baissent. Je complète alors : si les hormones baissent c'est que j'étais bien enceinte et que je viens de faire une fausse couche. J'ai le droit de manger ! Chouette, je n'ai plus faim ... il m'a coupé l'appétit avec ces insinuations, ces mains baladeuses de professionnel blasé et ses yeux lubriques d'un sans coeur. On prend un taxi vers 16H00. Depuis 9H00, enfermée en public, je me retrouve à l'appartement, seule même si je ne le suis pas.
Personne de la famille n'a eu de fausse couche, ça ne se fait pas, ça n'existe pas. On en entend parler, on le lit sur internet mais on ne ressent rien. Ce qui vous entoure et vont l'apprendre vous dirons que ce n'est rien, qu'il vaut mieux qu'il soit partit ainsi plutôt que d'avoir des problèmes graves de santé, que ma peine va passer, que je vais m'y faire ... pourquoi ne pas dire que je vais en rire un jour !! On ne se remets jamais de la perte, de la mort qu'elle est un jour, un mois, six mois, un an. On peut penser qu'il y a proportionnalité entre douleur et le temps de portée mais c'est faux. On a tous des façons différentes de vivre un deuil, une perte.
La solitude ! Seule avec ce sang, ces filaments de souvenir d'un être en création. Comment refermer la blessure ? Rien de prévu dans la société qui renvoie à sa propre solitude, son isolement. "Ce n'est donc pas si grave que ça" semble dire le monde autour de soi. Je ne veux plus voir d'enfants, je ne peux plus. On reçoit des invitations d'amis parents mais je ne peux pas. Je craque un mois après, sous la douche chaude. Je ne peux empêcher les larmes.

ON TENTE !


Et oui des questions, toujours des questions. On s'interroge, on donne des réponses dans l'instant, des réponses pour juste répondre, des réponses pour se rassurer. Est-ce que mon conjoint sera un parent calme, pouvant m'aider, être attentionné ? Qu'est-ce qu'on fera si l'enfant est malade, handicapé ? Quelles écoles ? Quels sports ?
Mais, dans toutes ces questions, il y en avait une plus importante et immédiate que les autres : peut-on envisager l'enfant d'un anonyme, un enfant qui ne soit pas la combinaison de nous deux ? Pas le choix certes mais il faut bien réfléchir. On peut imaginer de demander à un proche pour faire que cet enfant connaisse son géniteur mais c'est multiplier les risques de problème juridique, de revendication, même tardive, de ce troisième parent (même s'il ne veut pas le devenir sur le moment). D'où l'idée du médical, de l'anonyme.
L'enfant voudra peut-être savoir, oui il le voudra car on veut toujours compléter le puzzle du pourquoi je suis là, surtout à l'adolescence. N'est-ce pas comme pour l'adoption : on t'a adopté parce qu'on t'aimait très fort ! C'est ce qu'on veut dire à cet enfant, à notre enfant : on s'aimait, on te désirait mais on ne pouvait pas te "créer" ensemble alors on a fait appel à un monsieur gentil qui a voulu nous aider. Nous ne saurons jamais qui il est mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel c'est qu'on soit deux être humains qui s'aiment et qui aiment un enfant et qui vont l'aider à grandir. Il nous en voudra, il nous le reprochera, nous le savons et nous ferons face ensemble.

"On tente !" Je suis allée dans cet hôpital, un matin ... le jour même de mon anniversaire ; coincidence étrange, porte chance peut-être. Le train, le tram, j'essaye de me décontracter. Je suis dans la salle d'attente, j'essaye de faire le vide. Je rentre dans la salle d'examen. ça y est, j'ai mal au corps, j'ai peur au coeur, j'ai la joie dans mon âme. Je reste allongée quelques minutes une vie possible s'insinue en moi. Je reprends le tram, le train. Et ... on attend. 14 jours environ à attendre. Je voudrais être dans une série américaine à voir les résultats d'analyse réalisés quelques micro-secondes après les avoir déclenchés.
Je suis dans la réalité : l'attente est longue. On ne veut pas se porter la "poisse", on évoque un bébé de manière possible, probable mais sans acquis.

Je suis réglée comme une horloge Suisse alors quand le jour de mon échec arrive, je stresse vraiment de ne rien voir arriver. Le lendemain, je fais un test de grossesse : la petite barre sur laquelle il faut faire pipi. Trop stressée, je me trompe de sens et je "coule" la réponse. Je rachète un test : bof, pas concluant. Nous sommes dimanche. On va dans une pharmacie de garde pour demander confirmation dans un sens ou dans un autre. Pas de conclusion, on rachète un test : négatif. Le lundi, je vais au labo pour une prise de sang ...

vendredi 12 février 2010

BONS PARENTS ?


Qu'est-ce qu'un bon parent ? Chacun doit avoir une définition très personnelle. Un bon parent est-ce nourrir, loger, changer un enfant ? Lui donner de l'éducation et de l'amour ? Lui apprendre à respecter l'autre et les différences ? Tout ça ensemble ? Plus encore ? Un bon parent c'est peut-être celui ou celle qui ne maltraite pas, qui ne torture pas. J'ai en tête et en mémoire des faits divers de parents bourreaux, de parents pédophiles, etc. Mauvais parents certes mais ça ne répond pas vraiment à la question du bon parent sous prétexte qu'on ne fait pas comme eux ! Bref, je ne sais pas vraiment ce qu'est un bon parent, je ne sais pas si nous pourrons être de bons parents et ... je ne sais même pas si je pourrais être un bon parent, une bonne mère.

Au dernier message, j'en étais restée à cet interrogatoire à l'hôpital Belge. Plein de questions médicales, plein de questions sur le couple, plein de questions sur la famille, l'entourage, la vie professionnelle, etc. Et puis les explications arrivent, au cas où votre dossier est retenu, sur le mode d'emploi.
Personnellement, je ne retiens pas ce qu'on peut me raconter sur ce qui va se produire. Comme à la fac où on me racontait les examens de fin d'année. Je ne peux enregistrer les données que quelques jours avant le jour J sinon c'est flou dans ma tête. Là, je ne retenais que les examens multiples.
On avait déjà effectué les courbes de température pour voir si les ovulations étaient réelles. Elles l'étaient.

Prises de sang sur prises de sang. La sécu française fonctionne. Je faxe mes résultats à l'étranger et je téléphone pour qu'on me donne les instuctions. Je suis un objet d'analyses !
Les premiers résultats ne sont pas si bons que ça. Je n'ai que deux petites cellules. Le traitement ne les fait pas tant grossir que ça. Le médecin au bout du fil me dit : "on tente".
Deux mots, même pas une phrase. "On tente" ! ça signifie, je pars le lendemain en Belgique et on m'insémine ... des "bébés nageurs" ultraénergiques et dopés d'un inconnu, anonyme, totalement et éternellement anonyme.

Beaucoup de questions avant, pendant et après. Est-ce bien ? A-t-on raison ? Que dira l'enfant, si enfant il y a, de tout cela. Des questions, encore des questions, toujours des questions.

EGOISME ?


Avoir un bébé!!! Je ne sais pas vous mais moi je n'en voulais pas. Voir un "mioche" qui chiale, vous empêche de dormir, prend tout votre temps, vous oblige à vous occuper de lui plutôt que d'aller au cinéma, plutôt que de voir les copines, très peu pour moi. Et puis un jour, vous rencontrez une personne. Celle qui vous fait chavirer le coeur autant que l'esprit. LA PERSONNE, l'unique ... pour toujours. Vous avez alors le choix : rester à deux ou penser à devenir trois. Pourquoi trois quand on est si bien deux ? Je n'ai pas vraiment de réponse. A l'époque, je pensais qu'avoir un enfant était égoïste. Ne pas en avoir l'est tout autant finalement. Alors comment se décide-t-on ? Je n'ai pas vraiment de réponse. Je sais juste qu'on a envie de partager autre chose, de concrétiser un amour unique, d'en faire un autre amour unique.
Et puis, on se décide. Mais prendre une décision c'est une chose et la concrétiser en est une autre.
J'avais ainsi plus de 33 ans quand j'ai eu envie d'avoir un enfant, d'en porter un en moi. Je n'ai jamais eu assez d'estime pour moi ni assez d'amour de mon corps pour penser, comme certaines femmes, que j'allais être déformée ou que sais-je encore. Je sentais juste que c'était possible, que mon corps pouvait ... du moins je l'espérais.

Mais, c'est quand on veut quelque chose ... que des barrages se construisent.
Ce bébé, s'il devait venir un jour, ne pouvait être la somme de nos deux corps. On peut renoncer à cette nouvelle ou on peut chercher des solutions. Je voulais porter cet enfant. Plus fort que moi, plus fort que tout, à 36 ans, j'en éprouvais un besoin irrésistible.
On se renseigne et on découvre d'autres complications en fonction du pays où l'on habite ! Vous l'aurez compris, nous ne voulions pas adopter, je ne voulais pas adopter, je voulais porter. Créer, donner la vie, être capable de faire quelque chose de ma vie ... peut-être, sans le dire, croire que je pourrais faire mieux que les autres !!
Je ne vais pas vous donner un cours de droit mais en France, si vous voulez avoir un bébé avec une aide médicale, mieux vaut être marié ou en couple avec un homme français depuis 2 ans ne souffrant (ni vous même) de certaines pathologies !
Alors, pas mariée, etc. On a réfléchi ... peu de temps. A l'étranger, vous avez le choix : l'Espagne, la Grèce, l'Angleterre, la Hollande, la Belgique. Question de langue, le choix se porte sur le pays de Brel et d'Annie Cordy. A cette étape, on cherche encore et toujours. On se renseigne sur Internet, auprès des professionnels de la santé en France.
On a trouvé. En décembre, je téléphone chez nos "cousins" Belges. On nous propose un rendez-vous début février avec des spécialistes. Pas longtemps à attendre mais que l'attente est longue !

Le jour arrive enfin. On stresse, on se pose des questions avant que les spécialistes nous en posent. Et puis ça y est : on est sur le grill. Pouvons-nous être de bons parents ? Question piège assurément ! Mais c'est quoi être un bon parent au juste sachant qu'on a toujours quelque chose à reprocher aux nôtres ; vous n'êtes pas d'accord ?!

DESIR


Je crée pour la première fois ce blog. On verra bien ce que ça peut donner.
Je veux être "jeune" maman ... à presque 40 ans. Disons plutôt que je veux être une maman débutante. Avant la conception, pour une grossesse éventuelle, pour l'accouchement etc. je cherchais des infos sur internet, dans des livres, auprès de personnes expérimentées mais finalement rien ne remplace le vécu personnel.
Je vais essayer de l'exprimer ici, pour ne pas oublier également. Je ne pense pas être lue un jour mais si je peux répondre à des angoisses que d'autres subissent, tant mieux.