
Et oui des questions, toujours des questions. On s'interroge, on donne des réponses dans l'instant, des réponses pour juste répondre, des réponses pour se rassurer. Est-ce que mon conjoint sera un parent calme, pouvant m'aider, être attentionné ? Qu'est-ce qu'on fera si l'enfant est malade, handicapé ? Quelles écoles ? Quels sports ?
Mais, dans toutes ces questions, il y en avait une plus importante et immédiate que les autres : peut-on envisager l'enfant d'un anonyme, un enfant qui ne soit pas la combinaison de nous deux ? Pas le choix certes mais il faut bien réfléchir. On peut imaginer de demander à un proche pour faire que cet enfant connaisse son géniteur mais c'est multiplier les risques de problème juridique, de revendication, même tardive, de ce troisième parent (même s'il ne veut pas le devenir sur le moment). D'où l'idée du médical, de l'anonyme.
L'enfant voudra peut-être savoir, oui il le voudra car on veut toujours compléter le puzzle du pourquoi je suis là, surtout à l'adolescence. N'est-ce pas comme pour l'adoption : on t'a adopté parce qu'on t'aimait très fort ! C'est ce qu'on veut dire à cet enfant, à notre enfant : on s'aimait, on te désirait mais on ne pouvait pas te "créer" ensemble alors on a fait appel à un monsieur gentil qui a voulu nous aider. Nous ne saurons jamais qui il est mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel c'est qu'on soit deux être humains qui s'aiment et qui aiment un enfant et qui vont l'aider à grandir. Il nous en voudra, il nous le reprochera, nous le savons et nous ferons face ensemble.
"On tente !" Je suis allée dans cet hôpital, un matin ... le jour même de mon anniversaire ; coincidence étrange, porte chance peut-être. Le train, le tram, j'essaye de me décontracter. Je suis dans la salle d'attente, j'essaye de faire le vide. Je rentre dans la salle d'examen. ça y est, j'ai mal au corps, j'ai peur au coeur, j'ai la joie dans mon âme. Je reste allongée quelques minutes une vie possible s'insinue en moi. Je reprends le tram, le train. Et ... on attend. 14 jours environ à attendre. Je voudrais être dans une série américaine à voir les résultats d'analyse réalisés quelques micro-secondes après les avoir déclenchés.
Je suis dans la réalité : l'attente est longue. On ne veut pas se porter la "poisse", on évoque un bébé de manière possible, probable mais sans acquis.
Je suis réglée comme une horloge Suisse alors quand le jour de mon échec arrive, je stresse vraiment de ne rien voir arriver. Le lendemain, je fais un test de grossesse : la petite barre sur laquelle il faut faire pipi. Trop stressée, je me trompe de sens et je "coule" la réponse. Je rachète un test : bof, pas concluant. Nous sommes dimanche. On va dans une pharmacie de garde pour demander confirmation dans un sens ou dans un autre. Pas de conclusion, on rachète un test : négatif. Le lundi, je vais au labo pour une prise de sang ...
Mais, dans toutes ces questions, il y en avait une plus importante et immédiate que les autres : peut-on envisager l'enfant d'un anonyme, un enfant qui ne soit pas la combinaison de nous deux ? Pas le choix certes mais il faut bien réfléchir. On peut imaginer de demander à un proche pour faire que cet enfant connaisse son géniteur mais c'est multiplier les risques de problème juridique, de revendication, même tardive, de ce troisième parent (même s'il ne veut pas le devenir sur le moment). D'où l'idée du médical, de l'anonyme.
L'enfant voudra peut-être savoir, oui il le voudra car on veut toujours compléter le puzzle du pourquoi je suis là, surtout à l'adolescence. N'est-ce pas comme pour l'adoption : on t'a adopté parce qu'on t'aimait très fort ! C'est ce qu'on veut dire à cet enfant, à notre enfant : on s'aimait, on te désirait mais on ne pouvait pas te "créer" ensemble alors on a fait appel à un monsieur gentil qui a voulu nous aider. Nous ne saurons jamais qui il est mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel c'est qu'on soit deux être humains qui s'aiment et qui aiment un enfant et qui vont l'aider à grandir. Il nous en voudra, il nous le reprochera, nous le savons et nous ferons face ensemble.
"On tente !" Je suis allée dans cet hôpital, un matin ... le jour même de mon anniversaire ; coincidence étrange, porte chance peut-être. Le train, le tram, j'essaye de me décontracter. Je suis dans la salle d'attente, j'essaye de faire le vide. Je rentre dans la salle d'examen. ça y est, j'ai mal au corps, j'ai peur au coeur, j'ai la joie dans mon âme. Je reste allongée quelques minutes une vie possible s'insinue en moi. Je reprends le tram, le train. Et ... on attend. 14 jours environ à attendre. Je voudrais être dans une série américaine à voir les résultats d'analyse réalisés quelques micro-secondes après les avoir déclenchés.
Je suis dans la réalité : l'attente est longue. On ne veut pas se porter la "poisse", on évoque un bébé de manière possible, probable mais sans acquis.
Je suis réglée comme une horloge Suisse alors quand le jour de mon échec arrive, je stresse vraiment de ne rien voir arriver. Le lendemain, je fais un test de grossesse : la petite barre sur laquelle il faut faire pipi. Trop stressée, je me trompe de sens et je "coule" la réponse. Je rachète un test : bof, pas concluant. Nous sommes dimanche. On va dans une pharmacie de garde pour demander confirmation dans un sens ou dans un autre. Pas de conclusion, on rachète un test : négatif. Le lundi, je vais au labo pour une prise de sang ...

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